jeudi 16 avril 2015

Droit de grève : lettres de la Direction




Certains d’entre vous ont reçu, ou vont recevoir, une lettre de mise en garde pour avoir cessé le travail « postérieurement à leur prise de service ».

C’était le19 mars, jour de grève pour… défendre le droit de grève.


Cette lettre type de mise en garde est une décision prise au niveau national que les bons petits soldats de l’encadrement relayent localement (*).

Bon prince, le seigneur de France Télévisions menace mais ne sanctionne pas, car le pôvre salarié aveuglé par les vilains syndicats s’est mis en grève le 19 mars alors que la « licéité » de la note de Rémy Pflimlin n’était pas encore tranchée lui explique la direction. Le seigneur sera donc clément à titre exceptionnel.

Mais le seigneur va vite en besogne car la licéité est le caractère de ce qui est conforme au Droit. Or rappelons que la juge des référés qui a débouté les syndicats ne s’est pas prononcée sur le fond du dossier. C’est bien pour cela que les syndicats SUD, SNJ, CFDT et CGC ont saisi le conseil d’Etat.

Rappelons enfin que la direction est tellement sûre de son bon Droit qu’elle s’est sentie obligée, le 8 avril dernier, de prescrire une dérogation spéciale à la note de Pflimlin pour permettre aux salariés qui le souhaitaient de se rendre à la manifestation parisienne dans l’après midi du 9.

Rappelons aussi que personne n'use de la grève avec plaisir et qu'il ne tient qu'à la direction de renouer un dialogue qui aujourd'hui n'est pas social mais calamiteux.

Les prises de positions de la direction sur le droit de grève à base de notes de service et de directives sont pitoyables. 
Tout cela sent la débandade et la fin de règne.


Pendant que ça s’agite dans les salons parisiens de FTV pour montrer ses muscles et savoir qui survivra à la décision du CSA, nous constituons le dossier pour défendre un droit constitutionnel : celui de faire grève.

Si vous souhaitez l’alimenter, adressez-nous votre lettre de mise en garde (syndicatsudftv@gmail.com ou syndicatsud@francetv.fr) avec :
1/ votre planning du 19 mars 2015
2/ le mail que vous auriez pu adresser à votre chef de service au moment de votre arrêt de travail ce 19 mars.
Nous vous tiendrons au courant de la suite.


(*) Le lampiste est le vrai coupable


Un général sans soldat est-il dangereux ?

Un commissaire ou un préfet de police sans agent ?
Un pape sans cardinaux, sans archevêque et sans curés ?
Ceux-là j'en veux bien.
Les Anglais le savent : un roi sans pouvoir est merveilleusement inoffensif.
Mais un lampiste est une force agissante.
Cent lampistes sont un danger pour l'individu.
Cent mille lampistes suffisent à une guerre.
Cent millions de lampistes font le malheur de l'humanité.
Le directeur de la S.N.C.F. n'est pas en mesure de faire dérailler un train de par ses propres pouvoirs, il faudra pour y arriver qu'il se mue en aiguilleur – ou en lampiste – et qu'il fausse les signaux. Mais un aiguilleur ! Quel poste de choix.
Hitler tout seul ! Merveilleux spectacle.
Mais quatre-vingt-cinq millions de lampistes derrière lui, et finie la rigolade. Hitler est mort, les lampistes restent et tâchent de se faire passer pour inoffensifs – comme tous les lampistes du monde. Les lampistes entre eux se haïssent ; mais réunis, ils prennent le nom de peuple et deviennent invulnérables.
L'individualisation du peuple est la seule défense contre le lampiste. Le lampiste le sait bien. Tous amiraux dans la marine, finies les batailles navales.


Boris Vian – 1953
Textes et chansons
10/18 – Christian Bourgois
 






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