mercredi 11 mars 2015

Dialogue de sourd


Dialogue de sourd : droit de grève, Pflimlin sur le pont

Faut-il que la direction soit à court d’arguments pour communiquer sur le droit de grève comme elle vient de le faire avec une lettre de notre PDG, Rémy Pflimlin ? Ce dernier, tel un médecin, fait une « prescription » aux salariés dans laquelle il réécrit le droit de grève, sans même étayer son propos par des textes juridiques. D’après Rémy Plimlin, l’usage chevaleresque à France Télévisions serait de s’annoncer gréviste en début de service. Une préconisation sans fondement. Toutes les jurisprudences vont dans le sens de laisser le salarié libre de décider des modalités selon lesquelles il s’associe au mouvement de grève. Pourquoi ? Parce que le droit de grève est une liberté fondamentale constitutionnelle qui n’est restreinte que par des textes législatifs ou par des jurisprudences. L’audiovisuel public, en raison de ses missions de service public, est soumis à des règles plus strictes que le secteur privé. Mais les règles « prescrites » par le bon docteur Rémy ne reposent sur aucun texte. S’il les avait, vous vous doutez bien qu’il les aurait présentés !


Il faut retenir une chose sur le droit de grève : ce qui n’est pas interdit est permis.
Pourquoi un durcissement des positions syndicales et une adaptation des modalités de grève ?
·            Parce que ces dernières années nos dirigeants ont systématiquement ignoré les revendications des salariés, les ont laissé perdre des journées ou des semaines de salaire, plutôt que d’écouter, d’entendre et de négocier.
·             Parce que, lorsqu’elle fait mine de négocier ou qu’elle signe des accords, la direction s’empresse de s’asseoir sur ses engagements. Puis, elle attend le mouvement de grève ou l’action juridique qui suivra.

Note sur le droit de grève établie par un cabinet juridique pour le syndicat SUD
Cassation 04 juillet 2012 (voir page 7)
 

Dialogue de sourd : dégradation des antennes

Au lieu de brandir le bâton de la répression, de pointer les grévistes du doigt, Rémy Pflimlin ne devrait-il pas se pencher sur sa responsabilité, celle de son prédécesseur et celle de la Tutelle ? Qui dégrade nos antennes depuis des années ? Qui préfère recruter des cadres de direction plutôt que du personnel en charge de fabriquer des émissions ? Qui décide de fermer les éditions locales, de réduire les journaux, d’externaliser les émissions, d’étrangler les antennes au risque de n’avoir aucune visibilité, aucune cohérence éditoriale ?
Votre refus de revoir les priorités de structure, de personnel et de service public, vous rend premier responsable de la dégradation de nos antennes.  Ne venez pas nous faire la leçon !

Après Brest à Noël, fermeture à Pâques des éditions locales en Pays de la Loire ? Préavis de grève en Pays de la Loire pour le 16 mars
Allo ? Qui dégrade quoi ?

Dialogue de sourd : souffrance au travail 

Notre filière RH au plus haut niveau est malade. Devenue autiste, elle fonctionne en vase clos, comme pour se protéger d’elle-même. Elle est même incapable d’apporter des réponses à ses propres cadres au contact du terrain. Les dossiers et les contentieux s’accumulent, mais rien n’y fait. Le contrat social est rompu par une direction générale qui ne peut plus être légitime pour discuter quoi que ce soit. Multiplier les réunions sociales comme elle le fait ne sert à rien, même plus à amuser la galerie ou à faire croire à certains qu’ils ont du pouvoir. L’indigence du dialogue social s’étale partout, dans toutes les instances, DP, CE, CHSCT, dans tous les sites. La direction passe en force, sans se soucier des dommages qu’elle provoque, du mal-être des salariés. En quelques mois, l’accumulation des saisines (monteurs, vidéos), des grèves au Siège, à Strasbourg (depuis le janvier 5 janvier), à Orléans, Brest, demain ailleurs, pour défendre les métiers, les conditions de travail ou nos missions d’information, témoigne de cette maladie grave qui frappe la filière RH, incapable de répondre au malaise des salariés.

Dialogue de sourd : Papet à la manœuvre

Ce n'est pas le simulacre d'émission de débat proposée aux salariés via monkiosque qui va rassurer qui que ce soit. Avec la complicité d'Olivier Loubet qui a oublié qu'il fut autrefois journaliste, on y voit Patrice Papet pratiquer la langue de bois dont il a le secret, affirmer avec conviction qu'il va mettre en œuvre un plan d'action pour répondre aux nombreuses critiques du rapport Vacquin («diagnostic socio-organisationnel et du panorama des risques psychosociaux et de la Qualité de Vie au travail »), mais sans avancer la moindre piste concrète. Bla bla bla, je vous endors et on passe à autre chose. Comment peut-on avoir la moindre confiance en cette direction pour régler, avant tout, les problèmes humains qui se sont fait jour depuis plusieurs années à France Télévisions ?

Retrouvez Patrice Papet sur radio "Ma Vérité"

Dialogue oui, mais avec qui ?

Les mois et les années qui viennent seront très certainement consacrés à regagner ce qui a été perdu en terme de droits sociaux. Mais peut-on discuter avec le pompier pyromane ? Avec celui qui jette de l’huile sur le feu en désorganisant l’entreprise, en maintenant les injustices, en tapant sur le lampiste pour se transformer ensuite en bon père « la morale », en « assistant social » ou en « psychologue du dimanche » à grand coup de « plan com’ » ?

Des combats légitimes sont menés en ce moment même dans plusieurs sites de l’entreprise. Le syndicat SUD qui a expérimenté il y a un an la « grévilla », ces nouvelles modalités de grève vilipendées par Rémy Pflimlin, entend  jouer son rôle partout où vous l’aurez décidé, car sans vous, nous n’existons pas.

Nous soutenons et saluons ces salariés à la ténacité sans faille qui, à Strasbourg ou au Siège, tiennent tête à notre direction. Cette dernière va jouer la division entre grévistes et non grévistes, comme elle le fait à chaque fois. Collègues non grévistes, ne vous trompez pas de cible. Face à une caste qui défend ses positions, qui s’auto-entretient, qui se coopte, il n’y a pas d’états d’âme à avoir.

Soyons inventifs dans les luttes.

Ceux qui détruisent notre entreprise, ce sont EUX !





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