jeudi 29 mai 2014

27ème jour de grève à Toulouse : MENACES DE LA DIRECTION

Le 28 mai, le directeur-gouverneur du pôle Sud ouest, Gérard Vallès, écrit aux salariés de l'antenne de Midi Pyrénées et accuse le syndicat SUD  : "depuis le 1er mai, des grèves à répétition perturbent la diffusion de nos JT sur l'antenne de Toulouse...Notre mission de service public est dégradée. Le climat social est tendu. L'organisation dans nos services est perturbée, et nos téléspectateurs sont frustrés".

            Une communication dans laquelle s'est glissée une énormité : non, nos missions de service public ne se sont pas dégradées en mai 2014 ! Et nos téléspectateurs sont frustrés depuis bien plus longtemps qu'il n'est écrit. Ils le sont depuis que les directions successives de France 3, puis de France Télévisions, ont décidé de réduire la voilure des régions. Ils ont faim, et nous aussi, d'une vraie télévision régionale de service public qui leur parle et qui leur ressemble. Ils ne veulent pas d'un succédané de programmes, fait de bric et de broc, fabriqué au gré des moyens ridicules sans cesse diminués, dédaigneusement lâchés au compte goutte par des dirigeants parisiens. Ils ne peuvent pas fuir notre antenne en mai 2014, car ils en sont déjà partis, au fur et à mesure que l'on s'éloignait d'eux ! FTV n'a même pas su les retenir avec le numérique car là encore ce fut régime "pain sec et eau claire" ! Alors, oserez-vous toujours, Monsieur Le Gouverneur, lorsque vous aurez définitivement achevé les 5 antennes de votre pôle, suivant méticuleusement les plans parisiens de suppressions d'emplois (6 encore annoncés le mois dernier en CE, 19 dans le PDV), nous asséner encore des leçons de morale, vous, l'ancien syndicaliste ? Que dire de l'image dégradée de France Télévisions alors qu'à la moindre période de congé, vous bricolez des éditions locales et régionales ?

            SUD n'est pas plus responsable de la dégradation de l'antenne, qu'il ne l'est du climat social. Tous les rapports d'experts, de CHSCT,  pointent l'augmentation du stress à France Télévisions, la suppression des repères hiérarchiques, la lourdeur, le coût et les incohérences de l'organisation de 2010. De nombreux salariés se plaignent depuis des années, non pas de SUD, mais de n'être plus que des matricules, des prolongements de machines. Nombreux sont les salariés qui voudraient redonner du sens à leur travail. Ce sens qui vient d'un engagement fort des salariés auprès d'un service public local, sens que France Télévisions leur dénie jour après jour. Ils ont faim de qualité, de contenu, et de reconnaissance, tout ce que leur refuse l'entreprise lancée à folle allure vers un avenir incertain couleur grisâtre.

            Dans un contexte aussi sombre, votre communication est écrite sous le signe de la peur, avec un titre choc : "l'antenne de Midi-Pyrénées en danger".

            Puis plus loin : "un syndicat n'hésite pas à sacrifier l'antenne de Midi-Pyrénées", ou encore "nous poursuivrons devant les instances disciplinaires tous les manquements à nos obligations professionnelles et de service public".

            Un contenu menaçant, qui a pour objet de casser le mouvement en effrayant les salariés grévistes (plus nombreux que vous l'écrivez mais vous n'en êtes pas à une intox près). Nous dénonçons cette tentative de déstabilisation. Si vous entendez contester les modalités de la grève, alors, exposez clairement vos motifs. Sinon, taisez vous car c'est une entrave au droit de grève ! Quel est le but de cette manœuvre basée sur la peur ? Essayer de faire accepter par tous l'injustice sociale que vous mettez en place depuis quelques années.

            Nous affirmons la légitimité et la sincérité de nos revendications, tout comme est sincère la mobilisation des salariés qui n'acceptent pas l'injustice imposée aux collègues CDD, même si eux, titulaires, ont aussi de nombreux sujets de mécontentement portés par le préavis. Rétablir l'égalité de traitement reste un idéal de société du travail dont nous n'avons pas à avoir honte. Exiger de l'entreprise qu'elle traite correctement ses salariés, CDD comme CDI, qu'elle les respecte et qu'elle leur donne les moyens et les conditions normales de travailler reste une demande syndicale juste et sensée.
 
            La direction a négocié deux fois en région, se retranchant derrière Paris qui décide. Mais rien n'empêchait la direction nationale de reprendre la main si son intention était réellement louable comme l'affirme partout le PDG, Rémy Pflimlin. Le syndicat SUD, représentatif sur le seul pôle Sud Ouest,  n'aurait pas pris ombrage que la direction parisienne aboutisse par une négociation loyale et sincère avec les  syndicats nationaux représentatifs dont SUD ne fait pas partie. L'essentiel n'est pas dans notre présence à une table de négociation nationale. L'essentiel est d'entendre le malaise des salariés et d'agir, ce que nous faisons, depuis 27 jours de grève.
  
            Enfin, le syndicat SUD n'est pas un jusqu'au-boutiste comme vous tentez de le faire croire. Pour preuve, il y a quelques jours, après 3 semaines de grève,  nous vous avons proposé un compromis pour maintenir certaines émissions, sous réserve qu'une communication soit faite sur le contexte et sur les motifs du mouvement social. Vous avez tout rejeté en bloc, sans même nous rencontrer. Dont acte. C'est votre vision du dialogue social. C'est votre vision de la question humaine.
 
            Parlons-en de l'humain, et de l'image de France Télévisions, relisez cette lettre et les réactions des intéressé(e)s :

Télérama : les réactions
         
            A chacun ses responsabilités !

                                                                                              Toulouse, le 29 mai 2014



 
 

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